Train de MUMBAI - HYDERABAD

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26/11/2008 - Pays : Inde - Imprimer ce message Syndication :

20h30. Le hall de la gare CST est violemment éclairé, et on y voit plus que pendant la journée. Cela ne décourage pas quelques familles d’y dormir, affalées sur leurs sacs. Il y a une cohue raisonnable sur les quais, le tout est de ne pas se faire rentrer dedans par un des chariots à bras qui eux aussi remontent le train sans lambiner, lourdement chargés.

 

Le train est déjà en gare. Il est tout bleu. Le dernier wagon est un wagon réservé aux femmes et, bien que ce soit des sièges, il est déjà archiplein. Les 1ères ont des fenêtres vitrées opaques. Les autres, des barres horizontales aux fenêtres. Arrivé au wagon S5, je consulte la liste des passagers affichée près de la portière et vérifie que mon nom y est bien. L’intérieur du train est bleu-gris âgé. Les ventilos tournent à fond. La porte ouverte des toilettes donne un aperçu du confort précaire des « sleeper ».

 

La place 19 se situe en principe près de la fenêtre, mais elle est occupée par un jeune handicapé (hydrocéphale) entouré par sa mère et sa s½ur. En m’installant, je me doute qu’il va y avoir un problème car il n’y a pas de couchette 19, par contre il y a deux N° 17… Chacun donne son interprétation quant à sa place ; on verra bien avec le contrôleur. Des vendeurs circulent dans le couloir : barquette de biryani, revues de mode, chai (thé au lait), jouets, peignes, etc.… Un vieillard barbu, grosses lunettes épaisses, égrenant son chapelet, harangue les voyageurs et bénit chacun de nous pour le compte d’Allah. Quelques mendiants se faufilent dans la foule du couloir.

 

Le train part à l’heure. La discussion s’engage parmi les passagers. La famille s’enquiert d’où je viens, où je vais, …. On me fait goûter le plat que la mère a préparé : des rognons au curry. Très bon ! Arrive le TC (ticket control) et il tente de nous expliquer l’esprit de la numérotation ; on n’est pas du tout aux bonnes places, et les couchettes ne sont pas celles que l’on croyait et il va falloir faire un jeu de pousse-pousse. Je me retrouve sur une couchette du milieu…

 

La nuit est chaotique et un peu fraîche. Il n’y a pas de « literie » et chacun a apporté sa couverture. Les marchands de bouffe s’arrêtent de hurler dans le couloir vers minuit. Mais vers 6h, ils ressurgissent, agressifs, pour vendre leur chai - réveil assuré ! La matinée se passe à regarder la campagne : paysage brûlé par la chaleur, quelques cultures, pas de signe de mécanisation, très peu de villages.

 

Aux abords des villes, le long de la voie, ce sont les toilettes des riverains, et on peut surprendre quelques paires de fesses dans les rares buissons (on sait qu’on s’approche d’une ville à l’odeur).

 

En approchant d’Hyderabad, le train longe la ville nouvelle de Hi-Tech City (fleuron de l’industrie indienne). On distingue au loin des immeubles tout neufs, des entreprises ultra modernes, mais la voirie ne suit pas : de la gare à cette cité, c’est encore des chemins de terre, tout est en travaux.

 

Aussitôt arrivé à la gare, je réserve un billet pour un train de nuit le lendemain soir : direction Tirupathi, dans les environs de Madras.

 

A la sortie de la gare, je suis hélé par des rabatteurs pour des hôtels : j’opte pour un hôtel à 500Rp ( grande double avec douche, après marchandage) pas loin de la gare, dans le quartier animé de Nampaly. Douche.

 

Je pars à pied pour la vielle ville. La circulation dans cette ville est infernale : à croire que la moitié des habitants a un scooter et l’autre, un auto-rickshaw. Et ils vont très vite ! Et je ne suis pas encore accoutumé à la conduite à gauche, interprétée par les Indiens : ils arrivent de partout et vous choisissent pour cible ! Les trottoirs n’existent que lorsque les propriétaires des immeubles l’ont décidé pour devant chez eux, et, si ce sont des commerçants, ils sont encombrés de marchandises. Cette ville n’est pas faite pour se promener à pied !

 

Visite du Musée Salar Jung, princes du coin qui ont passé leurs loisirs à entasser des collections d’½uvres de multiples origines et de ce fait, ce  musée est plus complet que celui de Mumbai. Interdit de photographier ! Dommage car j’aurai surement mis en ligne la belle statue marbre blanc de « Rebecca voilée » (on croit vraiment qu’elle a un voile en tulle, mais c’est du marbre) et aussi, la statue aux deux personnages (19ème , d’un français inconnu) recto - un Méphisto triomphant, verso - une charmante fille innocente…  Tous les arts des Indes : statuaire, miniatures, armes, tissus ; et  du monde d’ailleurs – il y a, entre autres, un magnifique salon français. Au salon des peintures européennes de jeunes indiens stationnent longtemps devant d’immenses tableaux de maîtres pour découvrir les nus féminins grandeur nature, peints sur des prétextes bibliques ou mythologiques, mais qui font bien l’affaire de ceux qui veulent enfin lever le voile sur la question… (la ville est très majoritairement musulmane, et ici les musulwomen portent un voile noir complet.)

 

Charminar, la monumentale porte d’entrée sud de la ville, est proche à vol d’oiseau, mais quelle bousculade pour y parvenir ! Il faut traverser le quartier des bazars, les encombrements de rickshaws sont gigantesques, la foule se mélange entre les véhicules, les charrettes des colporteurs et les stands des magasins de tissus et de bijoux. Comment s’y retrouver ? elles sont des milliers d’échoppes, accolées, exhibant des montagnes de tissus colorés ou des rivières de bijoux scintillants : de la soie ou du nylon ? de l’or ou du laiton ? Des pierres précieuses ou des zircons sortis d’usine ?

 

La journée décline, on entend l’appel des muezzins , le ciel se colore de rouge. Puis la nuit tombe d’un coup. Dans le dédale des ruelles, poursuivi par les scooters et les rickshaw klaxonnant, je parviens à trouver le restaurant Hotel shadab où je mange un poulet biryani (pas mal).

 

Je rentre à l’hôtel en rickshaw (un téméraire qui tente sa chance entre un 4x4 et un bus, et en sort gagnant !).

 

… Alors que j’ai pris mes aises en étalant mon barda dans la piaule, un type vient frapper fort à ma porte (21h). Je ne veux pas ouvrir, arrive un type de la réception ( ?) qui me demande  mon passeport (que j’avais pourtant présenté à l‘arrivée). Le ton monte, mais après m’être bien énervé, on me laisse tranquille.

 

Non mais…

 

 

 

 



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Jean Paul C


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