TIRUPATHI - TIRUMALA - TIRUVANNAMALAI

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28/11/2008 - Pays : Inde - Imprimer ce message Syndication :

Hier soir, dans les embouteillages, le rickshaw a fait des prouesses pour m’emmener à la gare de Secunderabad (la ville jumelle d’Hyderabad). Toujours un train bleu, et toujours de la confusion dans l’attribution des couchettes. TC est un métier d’avenir ici !

Dans le compartiment, une première famille : le père, la mère et la fille (18 ?) qui ne lâche pas un énorme bouquin de Chimie (en anglais) dont elle fait les exercices. Une deuxième famille avec une fille (14), un garçon (12) et une petite de deux ans max. Celle-ci n’arrête pas de brailler et ses parents ont eu la bonne idée de lui mettre des chaussures qui couinent ! Tous ces gens vont en pèlerinage à Tirumala. Du reste, le train entier a pour terminus Tirupathi, la ville proche de Tirumala. Je bavarde avec la jeune chimiste qui parle un parfait anglais, et j’en profite pour me faire expliquer les peintures que j’ai vues sur le temple à Golconda.

C’est la déesse Durga qui terrasse le lion. Du reste, comme tout est prédestiné dans ce monde indien, elle est née pour tuer le démon Mahisha qui causait des troubles partout où il passait. La déesse en bleu, c’est Kali ; mais Kali n’est autre que Durga, sous un autre nom, et on l’aime mieux comme ça du côté du Bengale… Dans la grotte il y avait une curieuse idole : elle est en argile, recouverte du turmeric jaune (qui sert de colorant pour la cuisine) et de poudre rouge dont on se sert pour s’appliquer sur le front. Et c’est un collier de citron lime qu’elle a autour du cou.

Pause repas. Je lis les journaux : que des bonnes nouvelles !

-          La veille des attentats de Bombay, on a fait une opération « explosion à la gare de Secunderabad » pour tester l’efficacité des secours. Tout le monde semble satisfait !

-          Deux corps de personnes assassinées ont été retrouvés en ville ;

-          « mes filles mineures ont été forcées à la prostitution » dit une mère à la police ;

-          Inondations dans la région de Chennai après des pluies diluviennes hors saison (photo d’une fille à vélo dont seul le guidon dépasse des flots boueux) – ça tombe bien, c’est là que je vais !

-          Un bateau thaïlandais a été coulé par erreur par la marine indienne qui le prenait pour un bateau pirate. La Thaïlande proteste.

-          Des hackers pakistanais ont piraté le site web du contre espionnage indien ; etc…

La nuit est troublée par les cahots du train.

A 6 h, tout le monde est réveillé, mais le train a une bonne heure de retard. Dehors, il pleut, le ciel est bas, les champs sont inondés, des rangées entières de bananiers sont couchés. Des gens accroupis sur le ballast près d’un pont regardent les flots tourbillonnants s’engouffrer sous les voies.

Je pose mon sac à la consigne, prends quelques renseignements pour la suite des opérations. La gare est assez grande et il y a 4 trains (25 wagons chacun !) à quai déversant leurs voyageurs. C’est a ça qu’on voit que Tirumala est un lieu de pèlerinage important.

En dehors de la gare, la pluie tombe à grosses gouttes et je suis déjà trempé quand j’attrape un 4x4 déjà plein pour Tirumala (50 Rp, tarif syndical fixé par la police !). Il y a 18km d’une route de montagne. Embouteillage aux contrôles et aux péages. Il y a beaucoup de monde malgré la pluie. Le long de la route, des panneaux, en toutes les langues du pays donne de bons conseils : ne pas cracher, ne pas uriner, ne pas déféquer, ne pas boire d’alcool, ne pas fumer, ne pas écrire sur les rochers.

La zone du temple se situe sur un plateau sur lequel il y a, en plus du temple, beaucoup d’hôtels, de magasins de souvenirs ou d’objets religieux, de stands de bouffe

Il pleut de plus en plus fort et j’ai du mal à m’orienter et, afin d’écourter la queue, je voudrais bien savoir comment obtenir le pass VIP qui, moyennant 100Rp permet de faire le darshan en deux heures au lieu de quatre ou cinq. Je fais plusieurs tentatives pour entrer dans la zone mais, au contrôle, il y a toujours un truc qui ne va pas : il faut mettre ses chaussures à la consigne, il faut mettre son portable et sa caméra dans une autre consigne, pour le pass VIP, il faut une copie du passeport, et choisir la bonne queue. En effet il y a 3 queues : celle des gratuits, celle des 50 Rp, celle des 100 Rp. Il y en a une à 1000 Rp, mais elle est vide. Plus loin , il y a la queue spéciale pour ceux qui se sont fait tondre la tête…etc. En fait le darshan consiste à faire un v½u alors qu’on passe devant la divinité au fond du temple ; ben, s’il y a un v½u à faire : simplifier tout ça ! On passe plusieurs fois au scanner et ça ne rigole pas

La foule se presse dans les queues qui, heureusement sont à l’abri de la pluie. Mais on marche tout de même pieds nus sur le sol mouillé. La foule piétine pendant une bonne heure dans un immense bâtiment en demi cercle sur deux niveaux. La foule est bon enfant : ça blague et parfois un genre de olla s’élève, chacun criant plus fort que son voisin. Un peu l’ambiance des stades…

La queue, toujours contenue par des grandes grilles finit par atteindre le temple proprement dit. On passe sous un gopuram très décoré de statuettes, mais peint en gris, pour atteindre une salle où il y a deux objets de dévotion : un immense pilier posé sur un socle d’or (laiton ?), et à coté un gros cube doré que certains viennent embrasser avec ferveur. Il y a la cohue et un peu de bousculade, mais c’est pour éviter l’eau qui dégouline des tuyaux percés et des flaques. Et toujours cette clameur qui se mêle à la musique lancinante des hauts parleurs. Golinga, golinga scande la foule qui entre à la queue leu leu dans un bâtiment dont tous les murs sont recouverts d’or (laiton ?) et très sculpté de divinités : le sanctuaire, qui se tient au milieu d’une cour carrée bordée d’arcades. Plus on approche du lieu saint, plus la clameur s’élève, les gens hurlant maintenant leur ferveur. La file indienne ( !) se trouve à présent dans l’axe d’un corridor au fond duquel on distingue (mal) une statuette très colorée, ornée de colliers de fleurs, éclairé seulement par une faible bougie. De chaque coté des gens qui défilent, il y a des gens, des vigiles, appuyés contre les barrières qui agrippent les pèlerins et les poussent pour les faire avancer, les gens trébuchent, surpris, criant, levant les mains au ciel : « golinga ». Les pèlerins passent à peine une seconde devant l’ouverture menant au lieu saint : c’est le temps qu’ils ont pour exprimer  leur v½u. Alors que le défilé vire en angle droit, je suis agrippé par un des vigiles qui m’intime de bien regarder au fond , du sanctuaire et de crier moi aussi « golinga ». Ce que je fais, mais…

Puis la queue, moins stressée, fait le tour du carré dans lequel est le bâtiment recouvert d’or. Des gens portent des paralytiques accrochés sur leur dos. Des pèlerins s’agenouillent ou s’allongent à plat ventre devant les statues dorées. Dans cette cour, il y a divers lieux de dévotion : dans un endroit, on reçoit de l’eau bénite dans la main droite (j’ai fait la gaffe de présenter la main gauche !) et on nous touche la tête avec un genre de récipient en métal Dans un autre endroit, derrière une vitre, on aperçoit une centaine d’hommes en pagne, accroupis compter des billets et les mettre en liasse : c’est là qu’arrivent les dons. Dans un autre coin, un petit pavillon de granit noir abrite une autre déesse Durga, devant laquelle les pèlerins font des signes de croix. A l’arrière de ce bâtiment, une sorte de table en granit avec un cercle creusé dessus : les gens  font comme pour écrire dedans avec leur doigt (leur v½ux ?) ; Tout autour, des couloirs de granit sombre, aux piliers sculptés de divinités, de symboles et de têtes de monstres. Des textes sont gravés sur les pierres des murs noirs. Vers la sortie, les pèlerins font encore la queue pour recevoir une ration de riz vert ( !) béni, puisé dans de grandes cuves en cuivre et servie dans une coupelle en carton.

La sortie se fait sur une grande place à présent déserte car il pleut toujours. De l’autre coté de la place des gens font la queue pour briser des noix de coco et brûler de l’huile, ce qui doit être bénéfique.

Je suis trempé, pied nu. En plus je me trompe de chemin en allant récupérer mes chaussures : je passe par un chemin caillouteux. On est vraiment dans le sacrifice !!

Je retrouve enfin mes petites affaires. Il est 14h. La catharsis est terminée…

Retour en 4x4 vers Tirupathi. C’est une autre route qu’à l’aller. Il n’y a plus de panneaux avec les conseils plein de sagesse : youpi, on peut se lâcher !...

On me laisse à la gare routière où on de dit qu’il y a un bus à 15h30 pour Tiruvannamalai. Je vais chercher ma valise à la gare.

Le bus est presque vide et met 5h30 après avoir traversé Chittoor et Velore. Le chauffeur doit affronter les autres chauffards, les chiens et vaches errants, les dos d’âne qui ébranlent le car, et, la nuit tombée, les pleins phares des véhicules d’en face.

Arrivée à Tiruvannamalai à 21h. Hôtel en face de la gare routière par flemme de chercher : je marchande une  grande chambre avec sdb et balcon pour 400 Rp.

Repas du soir : une dosa bien épicée et des gâteaux achetés en bas de l’hôtel.

***

Un gopuram est un portique pyramidal ; plus il est haut, plus il est en contact avec les divinités, et il est le support d’innombrables reliefs représentant le panthéon hindou (on ne sait pas ce qu’on gagne dans les religions monothéistes). La plus part des reliefs sont peints de couleurs très contrastées.

 

 

 

 



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Jean Paul C


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