Manille

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08/01/2008 - Pays : Philippines - Imprimer ce message Syndication :

J'ai passé la journée à vadrouiller dans Manille. Pour être juste, cette ville n'a rien d'agréable et je n'ai pas trouvé de coin acceptable pour être bien. Même les quartiers où habitent les riches sont bordéliques, ces gens n'entretenant que ce qui est dans la limite de leur propriété. Il y a un grand square en centre ville, et c'est tout comme espace vert. Il y a des quartiers modernes qui sont des ilots d'opulence au milieu de quartiers dépouillés. Les gens vont dans les immenses centres commerciaux, passant d'un immeuble à l'autre par des passerelles. Ils y vont parce qu'il y fait frais, parce que ce qu'on y voit fait rêver, parce que c'est propre et lumineux. Mais il n'y a pas grand monde qui achète les produits de luxe.

Les supermarchés sont déjà plus fréquentés. Et les stands de bouffe sont assaillis.

Bref, ces centres commerciaux sont les lieux de sortie.

Les endroits où il y a un peu de vie sont les barangay : ce sont les quartiers où habitent la majorité des gens. Il fait tellement chaud dans les baraquements que les gens sont dehors dans les ruelles à prendre l'air et bavarder avec les voisins. Mais quelle zone ! Alors c'est comme partout, il y a des endroits plus ou moins pauvre, mais généralement ça ne respire pas la santé.

Le soir, à la nuit tombée, il y a pas mal de gens qui dorment par terre sur des cartons (même dans le quartier où il y a l'hôtel et qui est pourtant plutôt classe-moyenne,… enfin, tout est relatif...). Dans le quartier du port, des familles (venant de province pour tenter leur chance à la capitale ?) s'installent dans des terrains vagues avec leurs cartons et leur réchaud, les mômes dépenaillés cherchant des feuilles mortes et des journaux pour faire le feu.

Je n'ai jamais vu autant de 4x4 qu'à Manille !

Le journal d'aujourd'hui publie une photo où l'on voit un type trainer un cadavre ensanglanté parmi quatre autres, avec ce titre : " la police abat 5 personnes suspectées de vol.". A chaque entrée de magasin, de métro, d'immeuble quelconque, des gardes armés fouillent les sacs des gens (aujourd'hui, j'ai du ouvrir mon petit sac au moins trente fois !!!). Dans certaines écoles, les gens de la sécurité sont armés pour contrôler et fouiller les parents.
Tout ça pour dire que ce n'est pas un endroit où je reviendrai...
Demain, je dois me lever tôt (4h) pour cause d'avion pour Hong Kong

° 0 °

Voici mon commentaire sur les Philippines, écrit bien plus tard, à tête reposée.


Le paysage, les îles, Manille

C’est un pays de rêve pour les activités liées à la mer : bronzing, baignade, plongée, voile, canoë, le tout sous un soleil ardent et dans des paysages magnifiques, renouvelables à la mesure des innombrables îles qui le compose. C’est l’extrémité du plateau calcaire qui recouvre le sud est asiatique, crevée par des centaines de volcans et rongée par l’océan avec des horizons karstiques caractéristiques que l’on rencontre à Phang Nga en Thaïlande, A Long au Viet Nam, etc. Ces milliers d’îles sont loin des zones industrielles et des embouchures des rivières envasées, ce qui rend, parait-il, la plongée exceptionnelle du fait de la limpidité et la température de l’eau, des cavernes sous-marines, et de la richesse de la flore et de la faune (et, accessoirement, du nombre impressionnant de bateaux japonais coulés par les américains durant WWII…). J’ai rencontré à El Nido, puis à Coron, un couple de jeunes français enthousiastes, pour qui ce pays était un véritable paradis. N’étant pas un inconditionnel des sports marins, je n’ai pas ressenti le même frisson que ces jeunes, mais je n’ai pas boudé le masque et le tuba qu’on m’a prêtés lors de promenades en mer, et j’ai bien profité de ses trésors, mais avec modération (sauf pour la consommation de poissons dans mon assiette !). J’ai plutôt privilégié les randonnées sur les volcans, et, bien que n’ayant pas pu accéder au mythique Pinatubo pour cause de monopole touristique, je me suis bien amusé dans la jungle qui les recouvre. Cette impression de paradis est tout de même largement ternie par le spectacle et l’ambiance qu’offrent les villes, surtout Manille, laquelle doit être la porte qui mène à l’enfer : bruit, pollution, saleté, misère, prostitution, …

Les gens, sentiment d’insécurité a Manille

Les Philippins (il faut excuser cette généralisation tant la population ici est diverse) sont d’une gentillesse et d’une gaîté réconfortantes, et plutôt exceptionnelles pour un pays d’Asie où, souvent, lorsqu’on est abordé par quelqu’un qui arbore un large sourire, on se demande quelle est l’arrière-pensée qui l’anime. Les gens sont serviables et patients, même à Manille, où pourtant, tout contribue à vivre avec un sentiment d’insécurité collé à la peau : fouilles systématiques aux entrées des stations de métro, des grands comme des petits magasins, par des hommes et des femmes de sécurité en treillis, lunettes noires et souvent armés de lourdes mitraillettes, terrains vagues laissés à l’abandon au milieu de quartiers d’habitation, convertis en terrain de jeux le jour, en squat la nuit, une circulation bruyante et anarchique aussi bien sur les trottoirs que sur les chaussées, ce qui impose de rester continuellement sur le qui vive, vacarme continuel qui empêche l’esprit de se reposer.

La culture, la religion, la langue

Ce pays n’offre aucun trésor culturel des temps précédant Magellan, et les rares ruines de l’ère espagnole apparaissent telles des temples de civilisations disparues. Quelques exceptions : St Augustin à Manille, Santo Nino à Cebu, la ville de Vigan dans le nord qui a des allures de ville cubaine. La pratique catholique aurait du maintenir ces lieux en vie, mais elle devait paraître trop contraignante à ces peuples habités, le jour, par la nonchalance des pays tropicaux, et, la nuit, par des craintes ancestrales ; et lorsque les Américains ont repassé une couche de mysticisme évangélique sur les Philippines, des milliers de sectes sont apparues, reprenant à leur compte les diverses fêtes et coutumes prémagellanesques. Lors de mon périple, au jour de Noel, comme au jour de l’an, les multiples «maisons de dieu » étaient pleines à craquer, chacune rivalisant avec ses voisines par les chorales, les prêches et les danses… Comme les Philippines sont partagées par plusieurs langues, les confessionnaux affichent sur un écriteau la langue de la confesse. Mais c’est l’anglais qui prime et qui joue comme aux Indes, le rôle de trait d’union. La Bourgeoisie affecte de ne parler que l’anglais, et il est amusant d’entendre ses filles et ses fils en costume d’étudiant, flirter en anglais dans les nombreux Mac Donald du pays.

Chaque individu aux Philippines a la conscience partagée (embrouillée ?) entre plusieurs langues, plusieurs types de croyances, plusieurs modes de vie. Cette schizophrénie générale apparaît sur les lieux du débarquement de Magellan où plusieurs monuments commémorent l’événement : la statue du marin portugais (à la solde des Espagnols…) lequel est honoré pour avoir apporté le Christ dans ses valises, et une fresque qui honore les héros Cebuanos (les Lapu-Lapu pour être précis) qui ont repoussé glorieusement les conquistadors espagnols lesquels sont remontés dare dare sur leur galion avec le cadavre de leur chef.

Il n’y a pratiquement pas de librairies, et les rares ne proposent que des livres en anglais !

Le voyage individuel : les guides touristiques, transports, îles, les hotels, peu de touristes

Il y avait peu de touristes occidentaux lors de mon passage (j’ai évité la station internationale de Boracay) et, à part El Nido dont le cadre invite à jouer les prolongations, j’ai rarement rencontré d’individuels. Trouver sa route est aisé car on parle anglais partout. On peut aussi faire des rencontres heureuses et sans arrière-pensées. Il ne faut pas aller dans les adresses proposées par les guides touristiques, et il faut marchander le prix de la chambre (on en trouve entre 5 et 10E). On y mange pour pas cher (1 à 3E), mais c’est souvent la même chose… Les transports sont chaotiques. Plusieurs compagnies peuvent pratiquer la même destination, les horaires sont théoriques et pour avoir une place assise, mieux vaut être là une heure avant le départ officiel, sachant que le vrai départ aura une heure de retard… Il y a des bus de nuit sur Luzon, la grande île du Nord, mais il ne faut pas compter y dormir ; par contre, on peut s’y enrhumer à cause de la clim. Quant aux îles, il ne faut pas faire de planning : les ferries ne sont pas quotidiens et peuvent être annulés… Le transport par avion est vraiment bon marché (parfois moins cher que le ferry) et payable par internet. Pour circuler en ville, les jeepneys ne sont pas chers mais il faut décrypter leur itinéraire. A Manille, le métro est très pratique si on n’a pas de gros sacs. Les taxis comptent un Euro pour 2 ou 3 km, mais à Manille il faut marchander (sauf s’il y a un flic à proximité…). En province, les tricycles à moteur proposent des trajets à 0,25 E le km.

Budget routard minimum à prévoir 20E/j, avion local inclus.

Pour résumer : je ne pense pas retourner dans ce pays, mais je suis satisfait d'y avoir été !



Etapes :
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Jean Paul C


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