KUMILY - MUNNAR

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08/12/2008 - Pays : Inde - Imprimer ce message Syndication :

La journée commence mal ! Je veux prendre le bus de 6h qui va à Munnar. Il est 5h45 et la gare routière est sur le seuil de l’hôtel. Mais ne voilà-t-il pas que le rideau de fer de l’hôtel est baissé ! Bien sur, à cette heure-là, il fait nuit noire et tout le monde dort ; j’ai beau appeler de grands « hello », taper contre la porte de la réception, aucune réaction. Un post-it sur la fenêtre du bureau : « call me at N° xxx ». Je remonte précipitamment dans ma chambre de luxe avec douche chaude, et décroche le téléphone. Celui-ci fait l’autiste : bip, bip, bip,…. Plus qu’énervé, je secoue le rideau de fer et je vois que je peux le débloquer en manipulant avec force des tirettes. Ouf, le rideau se lève dans un grand vacarme, vu que j’avais mis dans mon geste pas mal d’énergie. L’évasion a pour témoins ébahis deux mendiants installés sur le trottoir d’en face sous un auvent. J’ai mon bus, mais de justesse.

J’observe les gens dans le car : les femmes sont toutes rassemblées dans les rangées juste derrière le chauffeur, et les hommes sont tous moustachus.

Juste après le départ, le chauffeur s’arrête à la hauteur d’une statue d’une sainte (vierge ?), et il fait son signe de croix pendant que son aide s’empresse d’aller mettre une pièce dans un tronc. Ils referont ce manège à mi parcours, et deux kilomètres avant l’arrivée.

La route de montagne (4h30) se faufile dans un paysage de jungle, puis de plantations de thé immenses. Le contraste est fort car autant le paysage de la jungle est désordonné, que celui des plantations est dominé, réglé, calculé.

Les plantations sont comme un immense jardin à la française…A perte de vue, les collines de ces hauts plateaux sont couverts de ces plants - chacun d’eux étant un épais buisson, méticuleusement taillé à un mètre du sol que ce dernier soit plan ou en pente, séparé de ses voisins de quelques centimètres – mais l’ensemble formant un puzzle infini aux différents dégradés de verts. De grands arbres élancés offrent de l’ombre çà et là. Des villages dont les maisons sont alignées et aux murs bleus se blottissent dans des creux, et de loin en loin d’importantes structures rouillées jalonnent la route : les usines à traiter les feuilles de thé.

La recherche d’une piaule à Munnar s’avère difficile : une adresse du LP propose des chambres sombres dont les toilettes sont à l’autre bout de la maison pour 300 Rp, et il faut marchander sévère au Sara Lodge, dans le bazar, pour en avoir une pas terrible mais avec sdb pour 500 Rp. Pour allumer ou éteindre la lumière, il faut sortir dans le couloir…

Je pars faire la promenade dans les plantations proposée par le LP. 4 km pas terribles pour sortir de la ville. Mais, une fois franchi le barrage en direction de Pothemedu, la promenade devient vraiment agréable. Je marche avec un groupe de femmes allant à la parcelle où la cueillette les attend. Elles sont habillées de sacs plastic épais ou de tabliers caoutchoutés, et elles sont munies de grandes perches. Evoluer dans ce dédale de buissons piquants et cueillir les feuilles fraiches est un travail qui provoque des coupures si on n’y prend garde.

Le point de vue, un des objectifs de cette promenade donne sur une profonde vallée dont les flancs sont couverts de plantations. La farine pluie se met à tomber et des bancs de brume s’accrochent et s’effilochent sur les pentes. A la petite échoppe du point de vue, on me dit que le raccourci à travers les plantations et permettant d’accéder à des cascades est désormais interdit par le propriétaire de la plantation et qu’un gardien fait revenir sur leurs pas les gens qui s’y aventurent…

Sur le chemin du retour, je rejoins les femmes que j’avais dépassées à l’aller et qui à présent sont en train de cueillir les feuilles de thé, en rang en bas d’une pente plutôt raide : j’y dérape plusieurs fois. Quant à elles, elles ont laissé leurs tongs au bord de la route et sont descendues pieds nus. On rigole bien de ma maladresse, et elles m’expliquent que leur perche les aident à  tailler les feuilles : aucune ne doit la dépasser une fois posée sur le buisson. Elles me demandent si j’ai des stylos à leur offrir.

Bus pour revenir sur Munnar, d’où je repars dans la direction opposée, histoire de voir d’autres paysages. Dans une usine jouxtant une plantation, je discute avec des femmes vendant les produits fabriqués là. Je ne comprends pas grand-chose aux différences de qualité qu’elles tentent de m’expliquer. 500g de la meilleure qualité coûte 85 Rp !

La journée s’achève dans la chambre d’hôtel alors qu’une bonne pluie dégringole à présent.

 

 



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Jean Paul C


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